ce que la cible vaut.
Elle n'évalue pas ce que vous hériterez.
Ce que la due diligence ne voit pas.
Une due diligence IA bien conduite avant closing cartographie les actifs IA de la cible, évalue leurs dépendances connues, identifie les obligations EU AI Act et estime la valeur réelle des modèles. C'est nécessaire. Ce n'est pas suffisant.
Ce qu'elle ne voit pas : les dépendances qui se révèlent à l'usage réel, pas à l'inventaire. Les conflits entre l'architecture IA de l'acquéreur et celle de la cible, qui n'existent pas avant l'intégration. Les implications réglementaires de la combinaison des deux portefeuilles IA, qui peuvent créer de nouvelles obligations. Et les comportements réels des équipes de la cible vis-à-vis de leurs outils IA, qui diffèrent souvent de ce que les inventaires officiels montrent.
Ce que nos observations révèlent systématiquement.
La cible utilise des modèles IA propriétaires avec des conditions d'usage spécifiques. Certains contrats prévoient des changements de tarification ou de conditions en cas de changement de contrôle. Ce que vous avez évalué avant le closing n'est plus ce que vous avez après. Le fournisseur sait que vous êtes maintenant acquéreur, et sa position de négociation change en conséquence.
La cible utilise des systèmes IA que vous n'utilisez pas. Certains peuvent être classifiés à haut risque selon l'EU AI Act dans des domaines où vous n'avez pas encore de processus de conformité. En héritant ces systèmes, vous héritez leurs obligations : dans des délais qui ne sont pas alignés avec votre propre calendrier de mise en conformité.
Les données de la cible ont alimenté des modèles IA tiers. Ces données ne sont pas récupérables dans leur forme traitée. Les contrats régissant leur usage sont ceux que la cible a signés avant le closing, pas ceux que vous auriez négociés. Vous héritez des conditions d'un accord que vous n'avez pas conclu.
Les équipes de la cible utilisent des outils IA que personne n'a inventoriés. Ces usages créent des dépendances opérationnelles qui se révèlent lors de l'intégration. Supprimer ces outils crée des ruptures opérationnelles. Les laisser en place étend votre surface d'exposition sans décision explicite.
Les 90 premiers jours structurent les 5 prochaines années.
Les décisions d'intégration IA prises dans les 90 premiers jours post-closing ont un effet structurant sur 5 à 10 ans. Les systèmes qui sont intégrés profondément dans cette période créent des dépendances qui deviennent progressivement irréversibles. Ceux qui sont abandonnés créent des pertes de valeur si la décision n'est pas anticipée.
Cette fenêtre est courte et sous-estimée. Les équipes d'intégration opérationnelle ont d'autres priorités. La DSI est mobilisée sur l'infrastructure. Le Comex est occupé par les synergies financières. Pendant ce temps, l'architecture IA de l'entité combinée se forme par défaut, sans décision explicite.
La gouvernance IA post-acquisition n'est pas une activité de phase 3. C'est une priorité des premiers 90 jours, au même niveau que les synergies financières et les décisions RH.